Au Canada, les règles de reddition de comptes évoluent rapidement. Les banques et assureurs sous réglementation fédérale gèrent désormais le risque climatique (ligne directrice B-15 du BSIF), le Conseil canadien des normes d'information sur la durabilité a publié ses normes de divulgation, et les investisseurs institutionnels poussent leurs sociétés enportefeuille sur la gouvernance. Dans ce contexte, le directeur du développement durable détient un mandat essentiel de la haute direction. Selon une enquête Deloitte de 2025 menée auprès de plus de 2 100 cadres supérieurs, plus de 80 % des entreprises ont augmenté leurs investissements en développement durable au cours de la dernière année. Recruter le bon dirigeant ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) n'est plus un exercice de conformité; c'est une décision de leadership qui touche la réussite de l'entreprise. Cet article est un guide de recherche et d'évaluation : il explique ce que le rôle exige, où le situer et comment évaluer la bonne personne.
Le directeur du développement durable moderne, parfois appelé directeur ESG, définit la stratégie ESG de l'entreprise et répond de la qualité de sa divulgation ESG. Son mandat est vaste : il pilote la décarbonation des opérations, gère les relations avec les agences de notation et les investisseurs axés sur les critères ESG, et intègre le développement durable en entreprise aux fusions et acquisitions, à la chaîne d'approvisionnement et à l'allocation du capital. Son titre côtoie désormais ceux de chef des finances et de chef de l'exploitation, et le travail touche aux résultats financiers plutôt qu'à une simple fonction de reddition de comptes.
Cette ampleur marque une rupture avec le passé. Il y a dix ans, le titre désignait souvent un directeur RSE, un responsable RSE ou un responsable de l'environnement, des rôles surtout consacrés aux communications ou à la conformité. Aujourd'hui, le mandat touche toute l'entreprise, et ceux qui l'exercent façonnent la stratégie au lieu de se limiter à en rendre compte.
Les données confirment ce virage. Une étude de PwC Strategy& portant sur 1 640 sociétés cotées révèle que la part des directeurs du développement durable siégeant à la haute direction a triplé, passant de 9 % en 2016 à 28 % en 2021. La Harvard Business Review arrive à une conclusion semblable et décrit une fonction qui devient enfin stratégique, l'attention passant de la responsabilité d'entreprise bien intentionnée à une création de valeur rigoureuse.
« Les organisations qui voient le développement durable seulement comme une question de conformité passent à côté de l'essentiel », affirme François Piché-Roy, président et associé directeur de PIXCELL. « La vraie valeur d'un directeur du développement durable, c'est d'aider les équipes de direction à prendre de meilleures décisions à long terme, à gagner en résilience et à préparer l'entreprise à une croissance durable, dans un monde qui change vite. »
L'endroit où relève le directeur du développement durable est une décision stratégique, pas administrative. Le lien hiérarchique indique le sérieux accordé au développement durable et détermine ce que le rôle peut accomplir. Les travaux de McKinsey soulignent que le dirigeant à qui le directeur rend compte indique si le programme est traité comme stratégique, opérationnel ou financier. Voici quatre positionnements courants.
La clarté du titre compte autant que le lien hiérarchique. Un responsable du développement durable de niveau intermédiaire est souvent un expert de contenu sans autorité sur l'ensemble de l'entreprise : utile, mais pas un substitut à un dirigeant de la haute direction. Le chef de la diversité porte un mandat distinct (diversité, équité et inclusion) et le chef de la gestion des risques traite du risque d'entreprise au sens large. Confondre ces rôles les affaiblit tous et brouille la reddition de comptes.
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Un leadership solide en développement durable n'équivaut pas à une connaissance pointue du domaine. La différence entre un directeur stratégique du développement durable et un bon expert de contenu se révèle dans cinq compétences, qu'une évaluation structurée des candidats devrait vérifier directement.
Ce sont d'abord des qualités de leadership, avant d'être techniques. Les travaux de McKinsey le confirment : quatre comportements de leadership expliquent 89 % de l'écart de performance entre dirigeants forts et faibles. Évaluer un directeur du développement durable s'apparente donc davantage à évaluer un chef de la direction qu'à valider un spécialiste, un thème approfondi dans notre analyse des traits de leadership des PDG performants.
La recherche d'un dirigeant en développement durable ne ressemble pas à la dotation d'un poste établi : le bassin de talents est étonnamment mince. Le poste de développement durable est récent, les parcours de formation officiels sont rares, et bon nombre de bons candidats viennent de domaines connexes (conseil en environnement, finance durable, communications d'entreprise ou chaîne d'approvisionnement). L'enquête mondiale de PwC sur la production de rapports révèle que, même parmi les cadres supérieurs responsables de la divulgation, environ la moitié seulement occupaient un rôle dédié au développement durable. Une simple offre d'emploi fait rarement émerger les bonnes personnes.
L'évaluation structurée devient donc essentielle plutôt que facultative. Quand le parcours d'un candidat ne correspond pas parfaitement au rôle, la recherche doit évaluer un leadership transférable plutôt qu'un titre identique.
La confidentialité ajoute une couche. Les embauches en développement durable naissent souvent d'un virage stratégique non encore annoncé; une recherche discrète et exclusive, menée par des services de recrutement de cadres expérimentés, protège à la fois le mandat et les candidats. Au Québec, elle peut aussi comporter une exigence de bilinguisme. Un directeur du développement durable qui dessert le marché provincial ou répond aux obligations de divulgation en français, en vertu de la Charte de la langue française, doit travailler dans les deux langues.
« Comme la discipline est encore jeune, on ne peut pas recruter un directeur du développement durable en faisant correspondre des curriculum vitæ à une description de poste, comme pour un chef des finances ou un chef du marketing », explique M. Piché-Roy. « La plupart de ces mandats se bâtissent à partir de zéro; il faut donc juger si une personne peut diriger sans plan établi. »
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L'argument en faveur d'un directeur du développement durable au Canada repose sur un contexte réglementaire et financier précis, et l'encadrement ESG au Canada évolue vite. Le Conseil canadien des normes d'information sur la durabilité a publié ses premières normes, les NCID 1 et NCID 2, en décembre 2024; harmonisées avec celles de l'ISSB, elles s'appliquent aux périodes ouvertes à compter de 2025. Elles demeurent volontaires tant qu'un organisme de réglementation des valeurs mobilières ne les a pas adoptées. Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières ont d'ailleurs suspendu leurs travaux sur une règle obligatoire de divulgation climatique, le projet de Règlement 51-107, en avril 2025, en invoquant l'incertitude des marchés et du contexte mondial.
Pour les institutions financières sous réglementation fédérale, le portrait est plus ferme. La ligne directrice B-15 du BSIF sur la gestion des risques climatiques s'applique aux plus grandes banques et aux plus grands assureurs depuis la clôture de l'exercice 2024, et aux autres institutions visées depuis celle de 2025, faisant de la gouvernance ESG une attente au niveau du conseil d'administration. Pour les conseils qui réfléchissent à cet encadrement, les questions recoupent celles du recrutement de membres de conseil d'administration et du recrutement de cadres en services financiers.
La pression des investisseurs comble le vide laissé par la divulgation volontaire. De grands détenteurs d'actifs canadiens, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario, l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada et la British Columbia Investment Management Corporation, attendent une gouvernance ESG crédible des sociétés qu'ils détiennent et scrutent leurs plans de décarbonation industrielle. La Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité fixe l'orientation fédérale, et le Québec vise la carboneutralité d'ici 2050. PwC rapporte que près de 40 % des chefs de la direction doutent de la viabilité à long terme de leur entreprise sur leur trajectoire actuelle. Pour un directeur du développement durable au Canada, le mandat est défini moins par un recueil de règles que par les attentes et la surveillance soutenue des investisseurs, d'où l'importance d'une recherche de cadres ciblée.
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Le directeur du développement durable n'est plus facultatif pour les sociétés canadiennes cotées ni pour bien des grandes entreprises privées. La bonne embauche exige la même rigueur que toute nomination à la haute direction : mandat clairement défini, évaluation structurée et partenaire de recherche qui comprend autant le paysage du développement durable que le leadership capable de transformer la stratégie en résultats. Les entreprises qui en font un véritable poste de leadership, intégré à une équipe de direction tournée vers l'avenir, verront le développement durable devenir un avantage concurrentiel durable plutôt qu'un coût de conformité.
PIXCELL dirige des mandats de recherche de cadres en développement durable partout au Canada, en alliant évaluation rigoureuse, connaissance approfondie du marché et portée internationale du réseau CFR Global Executive Search. Pour définir votre prochain mandat de directeur du développement durable, communiquez avec PIXCELL.
Le directeur du développement durable est un dirigeant de la haute direction qui assume la stratégie de développement durable, la qualité de la divulgation ESG et la décarbonation. Il ou elle intègre le développement durable aux finances, aux opérations et à l'allocation du capital.
Les liens hiérarchiques varient. Les positionnements courants : relation directe avec le PDG, ou rattachement au chef des finances, au chef de l'exploitation ou au chef de la gestion des risques. Chaque choix traduit une priorité différente et façonne l'autorité du rôle.
Le directeur du développement durable dirige la stratégie et la divulgation en matière d'environnement, de société et de gouvernance. Le chef de la diversité dirige la diversité, l'équité et l'inclusion. Les deux mandats sont distincts et ne devraient pas être fusionnés.
Lorsque la divulgation ESG, la surveillance des investisseurs ou des attentes réglementaires, comme la ligne directrice B-15 du BSIF, deviennent importantes pour la stratégie, un dirigeant chevronné et dédié au développement durable s'impose, plutôt qu'un responsable à temps partiel ou de niveau intermédiaire.
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